« L’aventure est dangereuse? Essayez la routine, c’est mortel ».

Des dizaines de voitures vides sont garées sur le parking. Elles attendent les passagers . Des camionnettes, des minivans. Certains sont déjà à moitié remplis, d’autres sont encore vides. Je cherche un taxi brousse pour Ankify. Je m’approche. Une multitude d’assaillants m’accoste. « Vaza, Vaza: tu vas où? Viens on part tout de suite. » Sa voiture est vide. Il ne faut pas tomber dans le piège. Je continue d’avancer. « Taxi spécial? » C’est trop cher. J’insiste: collectif. Une camionnette approche. Pleine. « Ankify? On part tout de suite. » 4 femmes sont déjà assises sur la banquette arrière. Elles se serrent et je m’installe. La voiture démarre. D’abord soulagée d’avoir trouvé un taxi si vite, je m’étonne que la voiture tourne dans le parking. « Asafady, asafady » me dit ma voisine. Elle veut descendre. Elles descendent toutes! Azalaééé , j’ai été piégée. Ils sont forts ces rabatteurs. Le chauffeur me regarde confus. Il a compris que je me suis fait avoir, on ne va pas partir tout de suite. On partira quand la voiture sera pleine. Dans 30 minutes, ou dans 1 heure ou peut être même dans 2 heures. On ne sait pas. « Vaza, viens devant. Tu seras mieux. » Je ne me fais pas prier deux fois. Je sais que le taxi va se remplir et que je n’aurais plus de place pour bouger un orteil. Je m’installe à l’avant et j’attends. On attend d’autres clients. Un jeune homme monte. Ah enfin, un client! Ils se mettent à parler en malgache. Il redescend. C’était un rabatteur…

Puis le moteur se met en marche. La voiture démarre. Mais elle est toujours vide. Où va-t-on? On s’enfonce dans la ville. On repasse devant la clinique. Le chauffeur klaxonne. Il cherche des clients. On arrive à l’autre bout de la ville. Il y a un bouchon. Une charrette tiré par un zébu s’est retourné. La marchandise est par terre. Des bananes, des tomates.  La voiture redémarre. Le klaxon résonne à tue tête. Et puis on arrive dans un autre parking. Les passagers sont là. Ils montent. 9,10 malgaches et encore 2 enfants. Mais bon sang où vont-ils les mettre? Je suis toujours bien installée à l’avant. On démarre. Ca y est on est parti. Après 100 mètres, on ralentit de nouveau. Le chauffeur interpelle un homme avec une canne à pêche. Il va certainement à Ankify. Mais il n’y a plus de place… Mais si! A côté de moi. Azalaééé . C’est un homme robuste qui doit bien faire deux fois mon poids. Je me pousse vers le chauffeur. Une fesse sur le siège passager, une fesse sur le boîtier de vitesse. J’espère qu’il ne devra pas utiliser la quatrième ou la marche arrière! Ca y est on est tous assis. On est 15. Cette fois, on y va. Et on quitte Ambanja , direction la mer.

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Escapade en taxi brousse

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